Me jeter, à vif, peut être est ce encore le mieux. Le temps s'étire dans le silence. Me tenir debout, sans chanceller, sans montrer mes défaillances physiques relève de l'insurmontable. Lorsqu'on effleure ma peau glacée, le tressaillement. Je redoute la contamination. Je refuse de transmettre aux autres ce séisme qui démoli tout mon Être. Les autres, je les aime. Mais si lointainement. Comment ne pas être prise pour une maso lorsqu'ils sentent clairement ma condition. Mais que rien ne sort de ma gorge acide à part "Non. Mais ça ira ne t'en fais pas." Rester prostrée dans la même pièce pendant deux jours. Avaler. Vomir. Bouffer. Dégueuler. Et constater avec horreur que ce corps là est aux abonnés absents depuis longtemps. Constater aussi ma fabuleuse superficialité. Mon ignorance menée par une flemmardise hors du commun. Voilà donc la lente décadence, l'ombre morbide et stérile d'une gamine qui respirait le bonheur. Les fesses dans le sable et les yeux fixant le lagon, les rétines brûlées d'images inoubliables, de merveilles enfantines. Et ces souvenirs magiques. Se diluant. Je tangue. Cette vie là ne m'appartiendra plus désormais. Jamais. Sur un long fil, je marche, et il n'y a que moi pour décider de quel côté tomber. On me pousse timidement vers le mieux. Et je persiste à m'enliser dans le mauvais. A gratter le sol pour m'enfoncer encore et encore. Rien n'a d'importance. Ou presque. Le secret, c'est de s'accrocher aux minuscules parcelles de joie, aussi éphèmes soient-elles. Et puis elle est là. Ma Moitiée. Celle qui fait que je continue à avancer sur ce fil, sans tomber du côté irrémediable. Je ne me demande plus d'où vient ce peu de force qui m'anime, qui me permet de cracher mon haleine d'Espoir à la gueule du Diable. Je sais que c'est elle. Qui fait que je ne sombre pas totalement. Nous avons un but, et c'est pour ça, que je dois aller vers ce mieux. Même si en attendant ma carcasse est vide et mes larmes sont glaciales, tant pis. Je continue d'exister. Comme une larve, certes, mais au moins je suis.
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4 commentaires:
Utopia, délicate enfant vampire.
<3
C'est merveilleux. Beau et intéressent ce que tu ecris et la référence à moi me touche.
Je t'aime pour la vie. Pour plus <3
Ton texte est profondément triste et rempli de douleur. On y discerne cependant l'espoir de s'en sortir.
Je suis heureuse pour toi que tu puisses enfin voir peut-être un peu plus l'espoir en compagnie de ta Moitié. Et j'espère que vous vous en sortirez toutes les deux.
Au final, je réalise que je n'ai pas pu t'aider comme il fallait même si j'ai tout fait pour. J'ai bien conscience que mes mots ne te soulagent plus depuis longtemps et que tu masquais tes douleurs dans nos discussions.
Au fond, tout ça me rend très triste parce que je vois bien qu'il ne reste de notre amitié que des souvenirs même si j'ai tout fait pour que cela redevienne comme avant. Je vois bien que cela ne sera plus possible.
Il n'y a que des moments d'amitié passagers.
J'te souhaite le meilleur comme toujours depuis qu'on se connaît. C'est-à-dire plus de deux ans. Enfin se connaître est un bien grand mot.
Prends soin de toi. Je souhaite sincèrement que tu sortes du fin fond de ce trou noir pour par la suite ne jamais cesser d'être heureuse, aussi bien dans ta tête que dans tes baskets comme on dit.
Je ne suis plus vraiment mais je pense à toi, à vous, souvent.
Je reviendrai un jour, on reviendra toute de ce gouffre.
Il le faut.
Je t'envoie des bisous doux<3
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