20 mai 2009

L'explosion de la Vie.

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Le hêtre de la scierie n'avait pas encore, certes, l'ampleur que nous lui voyons. Mais sa jeunesse ou plus exactement son adolescence était d'une carrure et d'une étoffe qui le mettaient à cent coudées au-dessus de tous les autres arbres, même de tous les autres arbres réunis. Son feuillage était d'un dru, d'une épaisseur, d'une densité de pierre, et sa charpente devait être d'une force et d'une beauté rares pour porter avec tant d'élégance tant de poids accumulé. Il était surtout pétri d'oiseaux et de mouches; il contenait autant d'oiseaux et de mouches que de feuilles. Il était constamment charrué et bouleversé de corneilles, de corbeaux et d'essaims; il éclaboussait à chaque instant des vols de rossignols et de mésanges; il fumait de bergeronnettes et d'abeilles; il soufflait des faucons et des taons; il jonglait avec des balles multicolores de pinsons, de roitelets, de rouges-gorges, de pluviers et de guêpes. C'était autour de lui une ronde sans fin d'oiseaux, de papillons et de mouches dans lesquels le soleil avait l'air de se décomposer en arcs-en-ciel comme à travers des jaillissements d'embruns. Et, à l'automne, avec ses longs poils cramoisis, ses mille bras entrelacés de serpents verts, ses cent mille mains de feuillage d'or jouant avec des pompoms de plumes, des lanières d'oiseaux, des poussières de cristal, il n'était vraiment pas un arbre. Les forêts, assises sur les gradins des montagnes, finissaient par le regarder en silence. Il crépitait comme un brasier; il dansait comme seuls savent les êtres surnaturels, en multipliant son corps autour de son immobilité; il ondulait autour de lui-même dans un entortillement d'écharpes, si frémissent, si mordoré, si inlassablement repétri par l'ivresse de son coprs qu'on ne pouvait plus savoir s'il était enraciné par l'encramponnement de prodigieuses racines ou par la vitesse miraculeuse de la pointe de toupie sur laquelle reposent les dieux. Les forêts, assises sur les gradins de l'amphithéâtre des montagnes, dans leur grande toilette sacerdotale, n'osaient plus bouger. Cette virtuosité de beauté hypnotisait comme l'oeil des serpents ou le sang des ois sauvages sur la neige. Et, tout le long des routes qui montaient ou descendaient vers elle, s'alignait la procession des érables ensanglantés comme des bouchers.
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Jean Giono, Un roi sans divertissement.
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Le Baccalauréat approchant, la petite fille s'oublie.
Elle divague auprès du petit peuple de l'air nécrophage.
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4 commentaires:

Sonia a dit…

Revenue de ma petite course, je te laisse un message pour te souhaiter bon courage pour tes révisions.

Bom coragem menina. ^^

~ A bientôt. Je suppose que ce texte que tu publies ici fait partie de tes révisions, non ?

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Bisous.

Slytha a dit…

Oui, c'est mon dernier objet d'étude.

Merci ma Sonia. De ton soutien.
Courage à toi aussi.

Bisous violacés. ;)

Sonia a dit…

Il n'y a pas de quoi. Merci à toi aussi. Pour ton soutien.

~ * ~

Bon courage Rainbow Pearl. Prends soin de toi.

Bisous arc-en-ciels.

Imagine. a dit…

Je l'ai lu aussi.


Je t'aime.