08 novembre 2009

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi Marie, maintenant que la nuit a aussi voilé chaque seconde de la vie de ta maman et de ces autres gens. J'attends farouchement que des signes de toi nous parviennent. J'attends de savoir si, malgré le pétard que toi, moi, et Justine avons roulé dans cette église, le grand barbu a quand même bien voulu t'ouvrir les portes du Paradis. Tout le monde ici dit de toi "Un ange est parti", mais c'est ridicule. Tu n'étais pas un ange, ni un démon d'ailleurs. Tu es juste une jeune fille de quinze ans et ces données ne changeront plus jamais. J'espère que tu ne m'en veux pas de ne pas te glorifier comme eux là bas. Mais ils auraient du te glisser ces louanges avant que ton coeur ne cesse de battre, mercredi dernier. Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, j'espère que la liberté a bon goût dans l'air nocturne et frais. Ne les écoutons pas. Moi je me tais mais je ne t'oublierai pas.

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